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Plantes médicinales et utiles

Les aubépines sont en fleurs, teinture médicinale d’aubépine

En France, dans la majorité des régions, les aubépines sont en fleurs, parfois la floraison est déjà presque terminée et les pétales sont tombés, mais comme les aubépines ne fleurissent pas toutes ensemble, il est encore temps de faire une récolte de ces inflorescences sédatives et légèrement hypotensives.
Il faut si possible choisir une aubépine en début de floraison  : c’est à dire dont toutes les fleurs ne sont pas ouvertes.
On cueille l’inflorescence : le paquet de petites fleurs attachées à un petit rameau et l’on inclus quelques feuilles qui lui sont associées.
Pour les conserver ont peut, ou les sécher et les conserver dans un pochon en papier à l’ombre et au sec, ou en faire une teinture alcoolique.
Les inflorescences d’aubépine se sèchent très facilement en quelques jours à l’abri de la lumière si possible.


Pour faire une teinture-mère « domestique » :
250 g d’inflorescences fraiches d’aubépine dans 1 litre d’alcool éthylique à 70 ou 80°, macération de trois semaines au moins, à l’ombre et au frais, puis filtration avec expression de tout le liquide contenu dans la masse végétale, conservation dans un récipient en verre teinté (bouteille de vin bien sombre par exemple).
Pour faire une teinture alcoolique « domestique » :
100g de d’inflorescences bien sèches d ‘aubépine dans 1 litre d’alcool à 50° (rhum blanc par exemple); macération, expression et conservation comme pour la teinture-mère. Cela donne un teinture alcoolique d’aubépine au 1/10, mais on peut doubler la quantité de fleur (200g fleurs séches pour 1 litre d’alcool) , la teinture sera au 1/5.
Utilisations :
- Tisane : une pincée de fleurs par tasse d’eau très chaude et quelques minutes d’infusion
- Teinture mère et alcoolique : 50 à 100 gouttes 2 à 3 fois par jour ou tout simplement une à deux cuillerées à café dans un verre d’eau (éventuellement légèrement sucrée ou miellée) en fin d’après midi ou le soir.
Cela apaise, facilite l’apparition du sommeil, abaisse légèrement la tension artérielle.


Voir aussi la page dédiée aux aubépines : www.phytomania.com/aubepine.htm

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LE CASSIS RIBES NIGRUM ANTIOXYDANTS ET VIEILLISSEMENT

Bruce N. Ames et ses collègues faisaient une revue en 1993 des connaissances de l’époque sur le rôle des substances oxydantes sur le vieillissement.
http://www.pnas.org/content/90/17/7915.full.pdf
Ils écrivaient (traduction libre) :
<<Le métabolisme de l’organisme, comme beaucoup d’autres aspects de la vie, est principalement le résultat d’échanges.
Les composés oxydants qui sont les « déchets » du métabolisme normal provoquent des altérations de l’ADN, des protéines et des lipides.
Nous pensons que ces altérations (analogues à celles provoquées par les radiations ionisantes) contribuent au phénomène du vieillissement et aux maladies dégénératives qui l’accompagnent tels que cancers, maladies cardiovasculaires, baisse de la défense immunitaire, troubles du fonctionnement du cerveau et cataracte.
Les antioxydants qui protègent l’organisme comprennent la vitamine C, la vitamine E et les caroténoïdes.
Un régime alimentaire qui apporte peu de fruits et de végétaux double le risque de survenue de la plupart des types de cancer par rapport à un régime avec beaucoup de végétaux et augmente aussi significativement le risque de troubles vasculaires et de cataracte.>>

Cette opinion est toujours d’actualité, mais en plus des vitamines C, E et A, d’autres substances d’origine végétales apparaissent importantes pour ralentir le vieillissement des tissus ce sont les pigments végétaux , rouges ou bleus (anthocyanes) et les flavonoïdes que l’on trouve dans les fruits et les fleurs.

LE CASSIS, RIBES NIGRUM , PROTECTEUR DES TISSUS ET ANTI-INFLAMMATOIRE

Le cassis, Ribes nigrum, possède des fruits très colorés et bien pourvus en vitamine C, ce sont donc des fruits protecteurs des tissus.
Les fruits du cassis sont de petite taille mais concentrés en matière active au même titre que les myrtilles par exemple et ses anthocyanes sont assez bien absorbées au niveau digestif augmentant ainsi la capacité anti-radicaux libres du sang.
Les feuilles et les bourgeons du cassis sont également une source de substances antioxydantes et donc anti-inflammatoires.


COMMENT UTILISER LE CASSIS ?

- Le mieux est de consommer en petite quantité les fruits de cassis (nature ou en jus) frais ou conservés après congélation, on a ainsi l’ensemble des substances protectrices : vitamines, anthocyanes et flavonoïdes, acides organiques.
- On peut aussi en faire des confitures ou du sirop.
- Il existe également des compléments alimentaires à base de cassis.
- Les extraits classiques de cassis, Ribes nigrum :
exemples de posologie :
Teinture-mère de cassis : 30 gouttes 2 à 3 fois par jour par cure de 2 mois 3 fois par an.
Macération glycérinée de bourgeons de cassis 1D : 30 gouttes 2 à 3 fois par jour en cure de 2 mois 2 à 3 fois par an.
- Infusion de feuilles de cassis : une cuillerée à soupe de feuilles sèches dans 250 ml d’eau 10 à 15 minutes d’infusion.

Le cassis est antioxydant, anti-inflammatoire, ralentit le vieillissement des tissus et est très utile pour soigner les troubles inflammatoires en général ou en complément d’un traitement médicamenteux : par exemple en cas d’asthme, d’allergies, de rhumatisme inflammatoire.
Le cassis est une plante buissonnante, très résistante au froid, facile à cultiver et dont nous encourageons la plantation dans tous les jardins.

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Les « PETITS FRUITS » rouges et bleus diététiques et protecteurs des tissus

La couleur rouge des végétaux aussi bien des feuilles, des fleurs que des fruits est principalement due à la présence de pigments dans les cellules végétales.
Ces pigments sont rouges ou bleu selon leur structure chimique et l’acidité du milieu cellulaire (selon le pH).
Ce sont les anthocyanosides ou anthocyanes que les chimistes placent dans le groupe des flavonoïdes.

Les flavonoïdes dans leur ensemble sont des composés phénoliques aux nombreuses propriétés pharmacologiques.
On les considèrent comme des substances qui protègent contre les maladies dégénératives comme par exemple les cancers, les maladies cardiovasculaires ou le diabète.

Les petits fruits rouges et bleus des zones tempérées.

On parle ici des cerises, des myrtilles, bleuet du canada, canneberge, cassis, framboises et fraises, groseillier rouge,raisin coloré, mûre de la ronce et mûre du murier, fruits du sureau noir pour citer ceux qui sont faciles à trouver dans la nature , les jardins ou les magasins.
Tous ces fruits contiennent, entre autres, des sucres, de la vitamine C en quantité, des acides organiques et des oligoéléments, des acides phénols anti-oxydants, apportent des fibres solubles et insolubles et des pigments anthocyanes qui tachent les doigts en rouge ou bleu-violacé dès qu’on les écrase.

Quelles sont les principales propriétés des pigments anthocyanes ?

Les pigments rouges et bleus des fruits sont considérés comme des protecteurs des petits vaisseaux sanguins, ils diminuent la perméabilité des capillaires et augmentent leur résistance et comme beaucoup de composés phénoliques, ils sont anti-oxydants, c’est à dire qu‘ils neutralisent les radicaux libres responsables de dégâts parfois irrémédiables à l’intérieur des cellules.
Cette capacité anti-radicaux libres est probablement celle qui protège sur le long terme contre le vieillissement avec son cortège de maladies dégénératives associées (cancers, troubles cardiovasculaires, sclérose des petits vaisseaux, détérioration de la rétine avec baisse de la vision).

Donc pour vivre longtemps et en bonne santé, avoir une bonne vue, consommons toute l’année des petits fruits bien colorés.

- Frais ou décongelés tels quels ou en jus de fruit mais en quantité modérée (à cause de leur contenu en acides organiques et pour certains en tanin ou substances irritantes).
- En confiture ou en sirop que l’on peut conserver au frais ( la baie du sureau après cuisson).
- Séchés quand il ne sont pas trop aqueux (ex les myrtilles)
Ils accompagnent des plats sucrés ou salés, des viandes ou des laitages.
La vitamine C s’oxyde et disparait assez vite surtout si les fruits sont cuits mais les anthocyanes et les « tanins » se conservent bien à l’abri de la lumière.

Notons que tous ces fruits fortement colorés sont consommés dans la nature en grande quantité par des animaux bien loin d’être végétariens comme les renards ou les ours qui trouvent là un complément alimentaire de grande valeur nutritive et diététique avant d’affronter l’hiver.

Quels sont les fruits les plus intéressants sur le plan médical ?

Ces petits fruits possèdent souvent d’autres propriétés médicinales par exemple :

- Le fruit du cassissier : Ribes nigrum,  anti-inflammatoire et anti-bactérien.
- Les myrtilles, airelles, canneberges, bleuets du genre Vaccinium : antibactériens, désinfectants digestifs et urinaires, et anti-diabétiques (malgré leur contenu en sucre).
- Le fruit du sureau noir, Sambucus nigra, antiviral (virus grippaux et des infections saisonnières).



Les petits fruits colorés des tropiques

Les fruits tropicaux sont moins souvent fortement colorés par les anthocyanes, par contre ils contiennent plus de caroténoïdes qui sont également protecteurs et anti-radicaux libres (par exemple dans la mangue).
Citons néanmoins deux fruits intéressants et faciles à cultiver sous les tropiques.

- La cerise des Antilles ou acérola, Malpighia glabra = Malpighia punicifolia. dont les fruits contiennent sans doute la concentration en vitamine C la plus élevée des fruits consommés au monde.

- Syzygium cumini, La « pistas » en Polynésie, jamun ou jambolan aux Indes .
Un grand arbre des tropiques à la croissance rapide, ses fruits de petite taille mais nombreux sont très fortement colorés en rouge violacé et contiennent des tanins astringents.
On les consomment frais (attention à la coloration des doigts, comme pour les mures!!) et en confitures.
C’est un fruit très consommé dans l’Inde du sud (c’est le fruit du Dieu Rama). Il est protecteur des tissus, antibactérien et anti-diabétique.

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Arnaque sur l’açai

Euterpe oleracea est un petit palmier très commun dans les plaines inondables et les terres basses de toute la région amazonienne où on peut parfois le trouver en peuplements mono-spécifiques. Il se présente alors en touffes assez denses, les troncs atteignent 10 à 20 m et sont assez flexueux.
Le palmier açai (palmier pino en Guyane française ou wassaye) porte des grappes de petits fruits violacés à la pulpe mince.
Une fois réhydratée cette pulpe peut être séparée de l’amande manuellement ou par frottement dans une machine rotative, on obtient alors un liquide violet-rouge douceâtre et onctueux plus ou moins pâteux selon la quantité d’eau ajouté.
Cette boisson a été pendant des siècle la base de l’alimentation des populations déshéritées de la basse région amazonienne, les « Caboclos ».
C’est aussi une boisson rafraichissante et énergisante(jusqu’à 30% de  corps gras dans la pulpe sèche) typique de la ville de Belem do Para dans l’estuaire de l’amazone.
Le palmier açai (pino) est également très exploité pour fournir les coeurs de palmier, ou chou palmiste, il s’agit du bourgeon terminal ; on abat donc le palmier pour en extraire cette petite partie consommable.
L’açai est connu  et consommé depuis longtemps au Brésil.
Il a été introduit récemment avec les techniques nord-américaines du marketing dans le marché des compléments alimentaires.
Pour le distinguer des autres compléments diététiques et médicinaux on lui associe le pouvoir AMAIGRISSANT, ce qui est complétement FAUX.
C’est au contraire un complément alimentaire ENERGISANT par son contenu important en lipides (son nom scientifique oleracea signifie cela).
Il est néanmoins intéressant pour son apport en polyphénols et anthocyanosides (anti-inflammatoires, protecteurs vasculaires), substances que l’on peut trouver facilement et à moindre coût, dans tous les fruits rouges cultivés ou sauvages (ex : raisin, myrtilles, cassis, baies du sureau) et qui peuvent, entre autres, limiter les troubles physiques liées au surpoids ou au diabète de type 2.

Malgré leur valeur diététique, il vaut  mieux laisser les baies d’açai au Brésil et ne pas transporter leur pulpe sèche sur des milliers de km surtout pour en faire des compléments alimentaires faussement amaigrissants.


Effects of Açai (Euterpe oleracea Mart.) berry preparation on metabolic parameters in a healthy overweight population: A pilot study

Acai dans wikipedia en anglais

 

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